LE FONCTIONNEMENT

L’Ecole Autonome et Démocratique est une école du 3ème type : le membre choisit ses apprentissages et l’environnement (matériel ou humain) proche ou lointain lui permet de les concrétiser. C’est aussi une école démocratique puisque nous en respectons les 3 principes.

Pour mettre en œuvre et structurer au quotidien ces deux caractéristiques de notre école, nous nous appuyons sur le Conseil d’Ecole, réunion hebdomadaire et instance de gestion de l’école, emprunté à l’organisation administrative de la Sudbury Valley School, fondée en 1968 dans le Massachusetts, aux États-Unis, et sur des médiations, couplées à un Conseil de Paix pour la gestion des conflits et des infractions au règlement de l’école.

 

Le Conseil d’Ecole 
En premier lieu, la vie de l’école est administrée par le Conseil d’Ecole (CE) qui régit l’ensemble des aspects de l’école (déterminer le budget global qui sera réparti dans les diverses commissions, modification du règlement intérieur, intégration d’un nouveau membre, etc). Il est composé de l’ensemble des membres de l’école (étudiant-e-s et adultes actifs). Un membre = une voix = un vote.
Le CE est hebdomadaire. La présence n’y est pas obligatoire, à l’exception du Président et du Secrétaire du CE qui sont élus parmi les membres pour une durée déterminée. Le Président est responsable de la tenue du CE, du suivi de l’ordre du jour et des procédures. Le Secrétaire, quant à lui, rédige l’ordre du jour, le procès-verbal des réunions et assure leur diffusion auprès des membres. Chaque membre de l’école est un porteur d’éventuelle proposition notée à l’ordre du jour disponible jusqu’à la veille dudit conseil.
Lorsqu’une motion est portée à l’ordre du jour du CE, le sujet y est débattu, et des propositions sont émises (en première lecture) et soumises au vote par consentement (en seconde lecture). Quand une proposition est votée, elle est implémentée et portée au procès-verbal puis au règlement intérieur.

 

Le Conseil de Paix
L’absence de conflit au sein d’une communauté n’existe pas. Afin d’assurer un climat de confiance et de sérénité pour vivre pleinement quotidiennement avec les autres membres du groupe, nous avons choisi de créer un cadre structuré qui permet de régler chaque conflit. Derrière conflit, nous entendons : infractions, « embêtements », dispute verbale ou physique, agression, non-reconnaissance d’un besoin exprimé clairement…

En premier lieu, tout conflit qui survient entre deux ou plusieurs personnes est immédiatement résolu entre les protagonistes sans intervention extérieure, si cela est envisageable pour eux, ou bien avec l’aide d’un médiateur si l’une des parties en conflit en fait la demande.
En second lieu, si un conflit nécessite une discussion et une aide plus poussée du médiateur, un conseil de Paix est organisé. Le conseil de Paix, contrairement au Conseil d’Ecole, ne dispose pas de jour et d’horaires précis. Il peut être mis en place à tout moment tant qu’il résulte de la demande de l’une des parties en conflit.

Notre école étant jeune et notre mode de fonctionnement organique, c’est-à-dire en perpétuelle évolution et adaptation aux membres de notre communauté éducative, l’organisation actuelle de notre Conseil de Paix s’inspire du Cerès de l’Ecole de la Croisée des Chemins de Dijon et est amenée à s’ajuster précisément à nos besoins. La philosophie de leur Cerès est issue des Cercles Restauratifs mis en place par Dominic Barter, coordinateur du Projet de Justice Restaurative du CNVC, qui développe depuis les années 90 des pratiques restauratives au Brésil. Depuis 2005 son processus de Cercle Restauratif a été au cœur des projets pilotes de Justice Restaurative du Ministère brésilien de la Justice.

Afin de vous éclairer sur les fondements de notre Conseil de Paix, nous vous proposons quelques extraits de La justice restaurative, Pour sortir des impasses de la logique punitive, de Howard Zehr.
– « La justice restaurative prend en compte les victimes, les infracteurs et la communauté. »
– « Les besoins, plutôt que les punitions, [en] sont au cœur. »
– « [Elle] procède par un processus qui favorise l’inclusion et la collaboration de chacun et qui met l’accent sur un résultat consensuel. »
– « [Elle] encourage une issue qui favorise la responsabilisation, la réparation et la guérison pour toutes les parties prenantes (qui sont les victimes, les infracteurs et les communautés). »
– « La justice restaurative propose un paradigme alternatif pour penser les infractions et la justice. Cette philosophie repose sur 5 principes fondateurs :
1- Se concentrer sur les dommages subis et les besoins qui en découlent pour les victimes, mais également pour les communautés et pour les infracteurs.
2- S’intéresser aux obligations qui résultent de ces dommages : obligations des infracteurs, mais également des communautés et de la société.
3- Utiliser des processus collaboratifs et inclusifs de chacun.
4- Impliquer ceux qui ont un intérêt légitime dans la situation donnée : victimes, infracteurs, membres de la communauté et de la société.
5- Chercher à redresser la situation et à réparer les dommages subis. »
Enfin, H. Zehr avance cette définition de la justice restaurative : « [C’est] un processus destiné à impliquer autant qu’il est possible, ceux qui sont touchés par une infraction donnée et à identifier collectivement les torts ou dommages subis, les besoins et les obligations, afin de parvenir à une guérison et de redresser la situation autant qu’il est possible de le faire. »

Pour éviter d’étiqueter, d’enfermer un membre dans une ou l’autre des parties et parce que le conflit ou l’infraction résultent d’un besoin mal exprimé ou non comblé, les parties prenantes, victimes et infracteurs, portent le même nom dans notre Conseil de Paix. Elles sont « Conseillers/ères ». La communauté reste la Communauté. L’aide pour appliquer ces 5 principes fondateurs est apportée par un-e « Régulateur/trice »

Pour répondre plus précisément à vos questions sur ce mode de fonctionnement, nous organisons des réunions d’informations publiques mensuelles à Saint-Michel-sur-Orge.